Je viens d'aller regarder sur le site de Monroy, il est réellement étonnant. Et sa démarche, il l'explique lui-même : "To me, it is not the destination that is important—it is the journey" .
Par contre, et si je puis me permettre, il a une technique de dingue en photoshop, mais d'un point de vue strictement axé sur la peinture réaliste, je trouve qu'il va parfois trop dans le détail au détriment de l'aperçu général de sa composition. Par exemple, si l'on prend sa "toile" Lunch in Tiburon, on peut observer jusqu'aux reflets des visages dans les rebords des goulots des bocaux, ou les grains un par un dans les bocaux, par contre certains objets (flacons, bocaux) semblent "flotter" juste au-dessus de la table, il manque le je ne sais quoi d'accroche, le petit coup de flou dans l'ombre, qui va "asseoir" ses objets et donner de la réelle profondeur à l'ensemble. Ce phénomène se rencontrera sans doute moins avec les peintres travaillant "à l'ancienne" où la part de flou, si infime fût-elle, délègue au cerveau du spectateur la dernière part du travail.
C'est souvent le problème entre le dessin par ordinateur et le dessin sur support physique : devant une toile, un croquis, un plan,.. lorsqu'on travaille "à la main", on a toujours l'entièreté de l'oeuvre sous les yeux, et lorsqu'on corrige ne fût-ce qu'un infime détail, on le fait toujours avec l'entièreté de l'oeuvre dans le champ visuel; même inconsciemment on travaille avec en finalité l'équilibre global de la composition.
Tandis qu'avec une machine, si on est quasi illimité au niveau du détail, on l'est néanmoins par la taille de l'écran, et par conséquent, si l'on travaille longtemps sur un détail, les limites de l'écran finissent par devenir des oeillères et on perd de vue l'ensemble du travail au profit de l'unique détail.
Ceci dit, le travail du bonhomme, même si on dévie du contexte de la pure photo, mérite d'être souligné! Merci du lien Mostelle.